Il est 17h41, le soleil s’écrase sur la foule qui s’agglutine devant la Cité des Arts. L’ombre de l’auditoire se mêle à l’architecture moderne du Fonds Régional d’Art Contemporain. Le public attend pour assister à la lecture du dernier roman de Christine Angot, Un tournant de la vie (Flammarion). À l’entrée de l’auditorium, un agent incite le public à descendre le maximum possible, pour être au plus près de l’auteur. Chaque personne patiente comme elle peut. Certaines attendent, sans un bruit, d’autres lisent le livre qu’ils viennent d’acheter sur le salon. Une atmosphère spéciale règne dans l’auditorium. La lumière est chaude et tamisée. Elle est centrée sur le bureau et la chaise qui figurent au milieu de la scène.

Le son du silence

Christine Angot fait son apparition, munie de son dernier roman, parsemé de marques-pages. Des applaudissements timides se font entendre. Personne n’ose faire de bruit. Elle s’installe. Ni un sourire, ni un mot d’accueil se font voir. La lecture de ses extraits débute. La vie de ces personnages prend forme dans son regard, dans ses gestes, dans sa voix. Une bouteille d’eau disposée à sa gauche, recule petit à petit au fil de la lecture par les gestes méticuleux de la romancière. Les extraits s’enchaînent, dans le silence le plus total du public. Quarante-cinq minutes après, Christine Angot ferme subitement son livre, se lève, remercie d’un simple sourire et s’en va. Une spectatrice clôture la lecture en interrogeant sa voisine : « c’était son dernier livre ?