Découverte de La toile du monde, le nouveau roman écrit par Antonin Varenne et présenté au festival littéraire Livres dans la boucle 2018 de Besançon (25).

Affiche "livre dans la boucle"

Affiche du festival

Ambiance

Samedi 15 septembre, 18h15, place de la Révolution à Besançon. La salle est clairsemée mais attentive. Antonin Varenne, interviewé par un journaliste de Télérama, parle de liberté et d’aventure dans son dernier livre, La toile du monde, édition Albin Michel. Au cours de cette rencontre, il compare volontiers l’écriture d’un roman à la peinture d’une toile : partir d’un document vierge que l’on remplit de mots comme un peintre et ses pigments de couleurs.

Peinture de la toile du monde

Interview d’Antonin Varenne

Peinture du décor

Aileen Bowman, trente-cinq ans, journaliste, célibataire, est venue couvrir l’événement pour le New York Tribune. Née d’un baroudeur anglais et d’une française utopiste, élevée dans le décor sauvage des plaines du Nevada, Aileen est un être affranchi de tout lien et de toute morale, mue par sa passion et ses idéaux humanistes. Au fil d’un récit qui nous immerge au cœur de la ville en chantier, du métropolitain naissant aux quartiers des bordels chers aux peintres, la personnalité singulière d’Aileen se confond avec la ville lumière.

Antonin Varenne

Portrait d’Antonin Varenne

Le personnage est issu de son précédent roman, 3000 chevaux vapeurs (2014), où elle n’était alors qu’enfant. On la retrouve donc 35 ans plus tard au cœur de cette nouvelle intrigue palpitante.

Après la mort de ses parents, Aileen est envoyée en France par sa rédaction, le New York Tribune, pour couvrir l’exposition universelle de Paris en 1900 pour une période de 6 mois.

Paris se transforme et se métamorphose en un immense décor de carton pâte avec ces vitrines clinquantes, ces spectacles folkloriques caricaturaux mais aussi les tristement célèbres zoos humains où sont exhibés des individus des colonies. Le personnage se retrouve face au choc des cultures et des sociétés, entre la vieille Europe et la très jeune et turbulente Amérique.

Exposition universelle de Paris, en 1900

Dans l’Exposition universelle de Paris, en 1900. LÉON ET LÉVY / ROGER VIOLLET

Aileen se retrouve alors confrontée à un destin qu’elle n’imagine pas. Elle se lance secrètement sur les traces de ses ancêtres européens. On apprend plus tard que ses parents ont tout quitté pour vivre le rêve américain. Pourquoi éprouve t-elle le besoin de retrouver ses racines ?

Un personnage haut en couleur

Femme au caractère bien trempé, bien loin des codes de son époque, elle découvre la capitale française avec fascination. Très peu d’hommes ou de femmes résistent à ses cheveux roux et à sa peau de lait. Elle revendique son féminisme et porte des bottes en cuir et des pantalons, interdits aux femmes de l’époque. Elle sera donc obligée de demander une autorisation préfectorale pour en porter!

A travers les yeux de cette femme hors du commun, le lecteur découvre une myriade de personnages hauts en couleur : un peintre millionnaire , un ingénieur du métro, son épouse en apparence sage, une femme d’industriel, une patronne de presse féministe, un « acteur » indien du Pawnee Bill’s show dont elle est parente, etc.

Toile du monde

Couverture de La toile du monde

La face cachée du peintre

Ce livre a pour thème récurrent la liberté, l’art et la peinture. Selon l’auteur, « la liberté ne s’offre qu’aux êtres libres ». Il ajoute « aux hommes libres, rien n’arrive comme aux autres ». À travers ce personnage, l’auteur décrit une époque, le XIXème siècle, sans en faire un roman historique. Mais ce nouveau roman va plus loin. Il s’autorise une critique de notre époque contemporaine en nous interrogeant sur le rôle de la femme dans la société, sur l’évolution du monde, sur la place grandissante de la technologie face à l’humain et l’utilité pour les masses des progrès de l’industrie.

Et la suite ?

Pour ses prochains ouvrages, fini le XIXème siècle. Antonin Varenne souhaite écrire sur notre époque et il veut aborder la modernité du XXème siècle. Il confie avoir fait le tour de cette époque avec ses trois derniers romans, la trilogie Equateur, 3000 chevaux vapeurs et La toile du Monde dans laquelle les thématiques (l’industrie principalement) et la façon d’aborder la littérature se sont prolongées.

L’écrivain a terminé cette rencontre en faisant une confidence à ses lecteurs : jusqu’au dernier moment, il a été cerné d’incertitudes et de doutes pour l’écriture de la fin de son roman.

 

Découvrez les avis des internautes de La toile du monde.

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