Scénographe, un beau métier malheureusement méconnu ou souvent confondu. Le scénographe, et dans ce cas précis, le « muséo-scénographe » est un designer d’espace. Il s’agit comprendre et de s’adapter à la demande du commissaire. Le scénographe doit concevoir un parcours d’exposition en respectant les contraintes techniques et esthétiques du lieu. Il est responsable de l’ambiance, de l’atmosphère donc du lien avec le visiteur. Le professionnel est sélectionné suite à un appel d’offre auquel il a répondu sinon il peut déjà être employé par le musé ou la structure qui accueille l’exposition. Il créé un décor en accord avec le thème de l’exposition, en utilisant des techniques d’éclairage, de graphisme et d’éléments sonores. Il réalise ainsi des maquettes, puis établit un calendrier et un budget prévisionnel qui vont lui permettre de guider la suite de l’organisation.

Vidéo en rapport avec la scénographie et le métier de scénographe

Quelles contraintes ?

Pour définir le modèle d’une exposition on se base sur trois critères.

  • La temporalité

Il peut s’agir d’une exposition temporaire (3 mois en général), la contrainte principale dans ce cas est la conservation des œuvres. Les expositions permanentes nécessitent un travail plus long, et beaucoup de contraintes de conservation des œuvres. Les expositions itinérantes ont pour principale contrainte le montage et démontage ainsi qu’une facile adaptation au lieu qui change régulièrement.

  •  L’espace 

Il concerne le lieu, il peut être destiné à accueillir des expositions et est de ce fait adapté pour donc il y aura peu de contraintes techniques. L’exposition peut avoir lieu dans un bâtiment classé avec peu de matériel. Il faut donc soit s’intégrer à l’ambiance du lieu, ou essayer de l’effacer. Si le lieu est en extérieur il faudra prendre en compte les risques d’intempéries ou de vandalisme et ainsi prévoir les structures adéquates.

  • Le contenu

Il s’agit du lien entre les œuvres et la mise en scène. L’exposition « d’accrochage », il s’agit simplement de présenter les œuvres en harmonisant les couleurs et les thèmes pour structurer la visite. L’exposition « à message », elle va transmettre le message de l’exposition en la prolongeant. On fait alors appel à des média tes que la photo, l’audiovisuel…. qui permettent d’éclaircir le message.

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Avec qui est-il en relation ?

Le métier de scénographe nécessite une mise en relation avec d’autres prestataires car plusieurs disciplines sont liées. C’est lui le chef d’équipe qui va coordonner l’ensemble des opérations.

  • Le graphiste

Il peut déjà être associé avec un graphiste ou alors faire appel à un indépendant. Il définit la charte graphique et va communiquer autour du projet en émettant des présentations notamment.

  • L’éclairagiste 

Il va répondre aux besoins techniques « en termes d’accrochage, de recul, de passages électriques, de niches techniques ». Il prend en compte la mise en valeur de l’œuvre par son éclairage mais il faut aussi que ce dernier ne nuise pas à la conservation de l’œuvre. Il doit également conserver l’ambiance de la mise en scène générale de l’exposition.

  • Les professionnel de l’audiovisuel

Le dernier groupe de personne avec qui il est régulièrement en relation sont celles en charge de l’audiovisuel. De plus en plus dans les nouvelles expositions on observe une maîtrise de ces nouveaux outils qui ont pour mission de dynamiser et de servir l’exposition, il s’agit de présenter les œuvres d’une façon originale et / ou innovante.

exposition de grandes amphores design

La conception est plus ou moins longue selon la complexité de la demande, et nécessite ainsi plus ou moins de travail, cependant dans tous les cas on laisse peu de place à l’improvisation : tout doit être préparé en détail avant le montage. La conception nécessite donc une préparation en plusieurs étapes. On commence avec les études d’esquisse qui consistent à prendre en compte le cahier des charges, à se familiariser avec le projet afin de présenter des planches qui vont donner les grandes lignes de la scénographie au commanditaire.  Le travail est ensuite formalisé par les études d’avant-projet sommaire et détaillé qui vont ensuite valider et mettre en route le projet final.

Des normes sont à prendre en compte dans l’ensemble du travail. En effet il existe des règles de sécurité et d’accessibilité auxquelles le scénographe doit se formaliser. Elles font cependant souvent « appel au bon sens, à la logique et au respect du public ».

Quelles phases d’exécutions pour aboutir à une exposition aux normes ?

            « On commence par réaliser un calendrier prévisionnel qui nous donne précisément l’ordre des taches. » Il indique les périodes de préparation et de fabrication. Il sert à coordonner tous les membres du projet dans leurs travaux. Il est régulièrement ajusté et n’est donc pas inflexible.

Le budget est un élément important à prendre en compte en phase d’exécution puisqu’il est défini à l’avance par le commanditaire (qui va en général préconiser astuces et recyclage). Si l’on s’aperçoit que le budget va être dépassé, il est alors possible de le réajuster ou de repenser le projet.

Le scénographe doit préparer un dossier de consultation des entreprises, il s’agit d’un appel d’offre pour que les entreprises proposent un devis qui regroupera les matériaux pour l’accrochage, les multimédias, les éventuelles cloisons, le matériel d’éclairage et d’audiovisuel… Les entreprises ont alors quelques semaines pour émettre des propositions qui seront minutieusement étudiées par le scénographe et le commanditaire.  Le mode de consultation des entreprises dépend du type de structure, dans le public des appels d’offres sont imposés. Dans les structures de types privés, le mode de consultation est plus souple.

Quel suivi pour la réalisation ?

            Tout au long de l’exécution du projet, plusieurs réunions sont engagées pour coordonner les différents membres. Le scénographe corrige alors ce qui lui ne semble pas être en accord avec le projet d’origine. Il organise, vérifie et contrôle la bonne exécution des ouvrages et s’assure de la prise en compte du calendrier et du budget.  Lorsque l’ouvrage est terminé, il se rend compte du résultat et le compare à la demande en informant les entreprises prestataires

Mais ce n’est pas tout, il peut être sollicité pour d’autres tâches complémentaires telle que la communication avec d’éventuelle maquettes. Lors de l’accrochage, il peut être amené à coordonner celui-ci en sélectionnant les matériaux notamment.

Ensuite, il est quéri lors de l’ouverture au public de l’exposition, il est chargé de l’adaptation de la mise en scène (si besoin), selon la réaction et le comportement du public. Puis à la clôture de l’exposition il peut être convier au démontage. C’est beaucoup de travail n’est-ce-pas ?

Donc ?

Le scénographe possède un sens de l’organisation, un esprit d’équipe, il est le chef d’orchestre d’une équipe pluridisciplinaire. Il a de nombreuses connaissances techniques, artistiques, en histoire de l’art, en architecture, en culture générales, ces dernières permettant de compléter son sens créatif du scénographe.

Pour accéder à cette profession, il n’y a pas de formations prédéfinies, cependant certaines écoles d’art appliqué, d’architecture et de design proposent une spécialité ou un module dans cette matière.

L’aspect le plus difficile à accepter dans ce métier est surement la concurrence avec d’autres scénographes qui répondent au même appel d’offre qui auront peut-être et cela arrive souvent des idées plus originale… Il faut accepter que sur des dizaines d’appel d’offre auquel il aura répondu, seulement quelques projets seront retenus si ce n’est aucun.

Jeune femme immergée dans une exposition sensorielleJeu de lumière d'une exposition

 

 

 

 

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