C’est entre deux dédicaces que Guillaume Sire, auteur du roman Réelle aux éditions de l’Observatoire, a donné de son temps pour une interview.

Après le succès du café littéraire animé par le journaliste Alex Mathiot, Guillaume Sire regagne son stand sous le chapiteau place de la Révolution. Auteur du roman Réelle, il y met en scène la jeune Johanna. Elle veut qu’on la regarde, que les garçons la désirent, que les filles l’envient. Elle rêve d’être quelqu’un. Un rêve qu’elle s’apprête à atteindre lorsqu’on lui propose de rejoindre le casting d’un nouveau concept d’émission : la télé-réalité.

Au coeur du festival du Livre dans la Boucle
Festival du Livre dans la Boucle

Une foule de visiteurs lors du festival du Livre dans la Boucle

Nous nous frayons un passage dans la foule que regroupe cette 3ème édition du festival Livre dans la Boucle de Besançon présidé cette année par Philippe Claudel, membre de l’Académie Goncourt. Cette année, sont attendu pas moins de 30 000 visiteurs, environ 3 000 de plus que l’année précédente, venus sollicités près de 200 auteurs. Concours de BD, cafés littéraires, espace jeunesse, dédicaces, dictée…  Il y en a pour tous les goûts durant ces trois jours où le livre est à l’honneur.

 

C’est au milieu de l’agitation que l’entrevue débute, interrompue de temps à autre par quelques lectrices et lecteurs venus rencontrer Guillaume Sire, cet auteur aux multiples casquettes.


Enseignant-chercheur, poète, romancier, comment faites-vous pour concilier vos trois métiers ?

Ce que j’aime dans mon métier d’auteur, ce sont les rencontres.

Je suis papa aussi (rires), tout ça est très cohérent, j’écris, je formule des choses, que ce soit à l’écrit ou à l’oral. Enseignant-chercheur est un métier qui me donne la liberté merveilleuse de penser et d’organisation du temps. L’écriture quant à elle est l’exercice même de la liberté. Je dirais que la liberté et la création sont les points communs de mes trois métiers. Au delà de cette idée de liberté, ce que j’aime dans mon métier d’auteur, se sont les rencontres. Comme dans ce genre de salons où on rend au livre leur auteur en créant contact avec les lecteurs. C’est un réel plaisir d’être ici, sans mauvais jeu de mot. (ndlr Réelle titre de son dernier roman)

Quel est votre méthode pour écrire un roman et un essai ?

Un roman c’est sensible, sensuel et sensitif, contrairement à l’essai, on est sur le raisonnement, on pense. Dans l’écriture d’un roman le monde vient à vous, vous le recevez. Alors qu’un essai c’est quelque chose qui va vers le monde. Vous avez une pensée à propos du monde et vous l’envoyez. Il y en a un qui prend et l’autre qui envoie.

Pour écrire, il faut pratiquer un peu tout le temps et voir si ça fonctionne.

Moi je ne suis pas trop sur le mythe de l’inspiration. Je suis un peu comme un artisan dans son atelier, seul. Sauf que je suis dans mon bureau et je travaille.

Pour écrire, il faut pratiquer un peu tout le temps et voir si ça fonctionne. Comme un maçon, il n’a pas recul donc il ne sait pas si le mur est droit. Alors il faut essayer de se dire « Est-ce que ça marche ? Est-ce que ça tient ? ». Souvent ça ne tient pas d’ailleurs et on recommence.

Considérez vous le télé-réalité comme une sujet d’actualité ?

Ce n’est pas vraiment un sujet d’actualité, c’est les années 90, et je parle de la télé réalité de 2001 qui n’est d’ailleurs plus vraiment-là même qu’aujourd’hui. On parle des années 70, à la rigueur des années 80. Dans les années 90, le mur de Berlin est tombé, le monde a changé quand même ! Il y a même des gens qui disent que l’histoire s’est arrêté, mais pourtant, personne n’en parle. Ou alors, on en parle pour dire que c’est de la merde, mais ce n’est pas en parler, dire que c’est de la merde. En réalité, c’est seulement humain. Rien n’est merdique, au contraire. C’est une réalité profonde d’un monde que je connais bien, même si je n’ai pas grandi dans ces fameuses banlieues, j’avais des amis qui y habitaient. Maintenant il y a encore plein de gens qui y vivent, mais on n’en parle jamais parce qu’il n’y a pas d’esthétique, on ne trouve pas ça beau. Néanmoins, quand on écrit, on peut tout rendre beau.

Retrouvez l’intervention de Guillaume Sire lors du café littéraire dans l’article : http://metanumerik.fr/un-cafe-autour-du-reel/


À propos de Guillaume Sire

Guillaume Sire est un écrivain français, né à Toulouse le 27 juin 1985. Après avoir étudié à Montréal, il commence sa carrière littéraire avec la poésie et l’écriture de L’Amour est une impression en 2005 et Nymphéas en 2006, qui lui valent plusieurs prix de l’Académie des jeux floraux. Il publie son premier roman l’année suivante, intitulé Les confessions d’un funambule aux éditions de la Table Ronde. D’abord co-directeur des études à l’institut Français de Presse de l’Université Panthéon-Asas à Paris, il revient par la suite sur sa terre natale, à l’université de Toulouse, en tant que maître de conférence, co-responsable de l’Unité régionale de formation à l’Information scientifique et technique.

Les actualités de l’auteur sont à retrouvées sur son blog Ce qu’il reste des brumes

Bibliographie

Réelle, aux éditions de l’Observatoire, 2018

Où la lumière s’effondre, aux éditions Plon, 2016

Les moteurs de recherche, aux éditions La Découverte,  2016

La gratuité à quel prix ? : circulation et échange de biens culturels sur internet, aux éditions Presses de l’École des mines, 2015

Google, la presse et la journalistes : analyse interdisciplinaire d’une situation de  coopétition, aux éditions Institut de droit de la concurrence, 2015

Prépa HEC aux éditions Kirographaire, 2011

Les confessions d’un funambule, aux éditions La table ronde, 2007

Juliette R.