A l’occasion de la sortie de son nouveau livre “Janet ”, Michèle Fitoussi a accepté de répondre à nos questions.

Y a-t-il des similitudes entre journaliste et romancière ?

C’est le dedans et le dehors. Journaliste, on va dehors, on découvre le monde, on le décrit  en se basant sur des faits réels. L’écrivain raconte son monde, le temps de l’intériorité, un temps très long. La passerelle est le journalisme littéraire, un temps du journaliste où l’on va chercher l’info mais aussi le raconter à la façon de l’écrivain, avec un style, sa vision. On n’est plus dans l’objectivité mais dans la subjectivité.

Que représente le féminisme pour vous ?

Je me suis interrogée sur Janet Flaner, car elle était aussi féministe. Elle racontait les femmes. Que ce soit des journalistes, des écrivaines, des artistes, j’ai appris beaucoup de choses sur le Paris de cette époque. De 1920 à 1930, quand les femmes avaient autant d’importance que les hommes, une époque méconnue. J’écris souvent des biographies de femmes car ce sont les oubliées de l’histoire. Comme Janet Flaner qui a obtenu le “national book award” et qui a complètement été oubliée. Peut-être parce qu’elle n’a écrit qu’un seul livre ?

 

Vous écrivez beaucoup de biographies, pourquoi ?

Cela a été très naturel. Le récit La nuit de Bombay a été écrit par hasard. J’étais en Inde pour voir Loumia Hiridjee, une amie. Je l’ai eue au téléphone et j’ai appris le lendemain qu’elle avait été assassinée par des terroristes. Je voulais témoigner mon époque et raconter les attentats. Écrire une biographie sur Helena Rubinstein, ça a été un pur hasard tout comme pour Janet. Pour Janet, j’ai passé trois ans dessus. Je suis allée à Washington dans les archives pendant dix jours ainsi qu’au New-Yorker. Chaque étape de ma recherche documentaire a été très précise. Mais, mon prochain livre ne sera sûrement pas une biographie.