Le monde de la presse invite à ouvrir le débat sur le métier de « journaliste ». Est-ce une carrière ? Une vocation ? Mais d’abord, qu’est-ce-qu’un journaliste ? On ne trouve pas de métier plus médiatique que celui-ci. Mais derrière cette image se cache une réalité moins glamour. En mutation voire en crise, face à l’essor de l’information digitalisée, la profession se cherche un avenir. Et les journalistes des débouchés à la hauteur de leurs ambitions.

Dans le journalisme existe une multitude de postes, de fonctions, de spécialités et de médias. En presse écrite, le journaliste peut être rédacteur, photo-reporter et secrétaire de rédaction. Il peut travailler dans un journal généraliste national ou local, ou dans la presse spécialisée (sport, cuisines,…).

Dans ce milieu, le journaliste doit évidemment rédiger des articles pour alimenter le journal ou le magazine. Mais pas seulement, en vue d’une interview, il doit procéder à des contacts téléphoniques pour prendre des rendez-vous avec l’interviewé. Toutefois, afin d’avoir une information fiable et réelle, il doit effectuer une veille importante sur l’actualité. Le journaliste doit également réaliser des interviews – à l’extérieur ou par téléphone – ainsi que des reportages, notamment sur les suivis d’événements, et les conférences de presse. Il faut également prévoir un planning pour les événements sportifs du week-end, en vérifiant le lieu et la date, afin de contacter les pigistes et correspondants pour se rendre sur l’événement au bon moment, et faire les comptes-rendus et/ou le live des matchs (handball, basket-ball, football). Il est également possible de proposer du contenu vidéo dans l’optique de se distinguer des concurrents et de proposer aux lecteurs un nouveau format d’accès à l’information.

Quelque soit le support et l’employeur, le journaliste doit respecter des règles de base (vérification des sources, choix d’un angle pour hiérarchiser l’information…) et sont soumis aux mêmes règles de déontologie.

Un métier multirelationnel…

Quelque soit la branche dans laquelle le journaliste évolue, ce dernier est en relation constante avec son équipe. Bien sûr avec les autres journalistes, le rédacteur en chef, les photographes et caméramans, mais aussi avec la secrétaire de rédaction ou encore les pigistes pour la presse écrite. En radio et à la télévision, il collabore aussi avec la directrice d’antenne et les responsables techniques (producteur, ingénieur son, réalisateur etc). Mais le journaliste est aussi en relation permanente avec des personnes externes à son équipe. Acteurs politiques, juridiques, sportifs, célébrités, ainsi que d’autres professionnels de la presse comme les chargés de relation presse ou encore les attachés de presse font partie de son important réseau.

… mais précaire

Si le métier de journaliste reste séduisant, il est aussi précaire. Ainsi sur les 35 047 journalistes détenteurs d’une carte de presse, 26 000 sont salariés, 7 800 sont rémunérés à la pige et 1500 sont demandeurs d’emploi.

Mêmes les écoles les plus cotées ne peuvent garantir à leurs étudiants un CDD de fin d’études dans un média. De plus, les stages non rémunérés deviennent une pratique courante notamment dans les médias numériques. Le statut de pigiste est souvent le lot de débutant.  

Comment devenir journaliste ?

Journaliste c'est quoi ?

Malgré la précarité du métier due aux mutations de la presse, le journalisme suscite toujours des vocations. Les nouveaux titulaires de la carte de presse sont davantage issus d’une formation spécialisée. On compte 14 écoles reconnues par la profession. Cette reconnaissance garantit la qualité générale de la formation et son adaptation aux besoins des professionnels.

La reconnaissance est délivrée pour cinq ans par la CPNEJ (Commission paritaire nationale de l’emploi des journalistes) à des établissements publics (Celsa Paris-Sorbonne, CUEJ à Strasbourg, EJCAM à Marseille, EJDG à Grenoble, IFP à Paris, IJBA à Bordeaux, et IPJ Paris-Dauphine, les IUT (instituts universitaires de technologie) de Lannion, de Nice-Côte d’Azur à Cannes et de Tours), Sciences Po Paris ; et des écoles privées (CFJ à Paris, EJT à Toulouse, ESJ Lille). Pourtant, seuls 15% des professionnels sont passés par ses établissements reconnus.

 

Qui est journaliste ?

Toujours à l’affût de la moindre information, le journaliste sait se mettre à l’écoute de ses interlocuteurs et retranscrire fidèlement leurs propos. Il fait preuve d’une grande réactivité, car l’actualité n’attend pas. Tout au long de sa carrière, il prend soin d’étoffer son carnet d’adresses, un précieux outil qui lui permet de contacter rapidement la bonne personne au bon endroit.

Tout fait, ou toute idée, n’est pas destiné à devenir un événement. Il appartient donc au journaliste de discerner le fait, ou l’idée, qui deviendra événement. Étant entendu que ce discernement est aussi, pour une bonne part, fonction du public auquel le journaliste s’adresse.L’information naît de cet accord contractuel entre événement, journaliste et public. Ce qui veut dire que le journaliste doit avoir comme première exigence un double respect : respect de l’événement et respect du public.

Le métier de journaliste demande à prendre en compte une autre forme de proximité, celle liée à la lisibilité de la publication. Si l’on apporte une lisibilité technique, un caractère trop petit écarte des lecteurs atteints d’un début de presbytie. Des phrases, des paragraphes, des articles trop longs essoufflent le lecteur. Quant à la lisibilité socioculturelle, un vocabulaire trop recherché, trop spécialisé, trop technique, trop scientifique peut être rapidement dissuasif.

La capacité de jugement afin de percevoir et accueillir l’événement et une attitude humble pour s’adresser à son public fondent le professionnalisme du métier. Le journaliste doit donc avoir deux préoccupations majeures, en quelque sorte deux obsessions.

Les enjeux d’un journaliste

La première est liée à sa relation à l’événement. Il doit être un chercheur de vérité. Exigence difficile, car d’une part qu’est-ce que la vérité ? Et d’autre part, le journaliste ne sera jamais détenteur de la vérité, seulement au mieux d’une part de vérité.
La seconde est liée à sa relation avec le public. Il doit être un éveilleur de conscience et d’intelligence.

Dans l’exercice de son métier, le journaliste de la presse écrite et audiovisuelle est confronté à un autre défi, celui de sa relation au temps. La presse n’est pas seulement l’outil de l’imprimeur. C’est aussi le travail dans l’urgence. Le délai entre la survenance d’un événement et sa prise en compte par le journaliste est de plus en plus court. Ce qui met à l’épreuve la résistance émotionnelle, la qualité de jugement et la disponibilité du journaliste. Et par-là même sa crédibilité : la saisie et le traitement d’un événement dans l’urgence accroît les risques d’inexactitude, d’approximation, voire d’erreur.

Journaliste sketchnote

 

Sources :

Onisep 
L’étudiant
Cidj.com
Imagine ton futur