L’effervescence du community management

Le community management s’inscrit dans la catégorie des métiers émergents. Il a vu le jour grâce à la digitalisation de l’opinion publique.

Les réseaux sociaux occupent une place considérable dans la vie quotidienne de nombreuses personnes. Un moyen d’expression pour certain, un outils de partage pour d’autres, mais surtout un enjeu de taille pour les marques. Réel levier économique, ils s’affirment de plus en plus par leur fort pouvoir d’influence.

État des lieux :

Le nombre d’utilisateurs ne cesse de se décupler au fil des années. En effet Hootsuite et We Are Social ont communiqué les chiffres clefs du digital à travers le monde. Nous sommes 7,6 milliards d’habitants et 4,2 milliards d’entre nous utilisent internet. En France, d’après une étude Social Life 2018 rendue par Harris Interactive, 56% d’entre nous faisons un usage quotidien des réseaux sociaux. De plus, 1 millennial (entre 15 et 35 ans) sur 2 se dit atteint du « Fear of Missing Out », qui se traduit par la peur de manquer une information, un buzz si il ne se connecte pas sur les réseaux sociaux.

Force est de constater que ces derniers deviennent indispensables. C’est pourquoi les marques saisissent cette opportunité pour véhiculer des valeurs positives et créer une relation plus forte avec leur communauté. Ainsi pour créer des contenus adaptés, et stratégiquement élaborés elles se voient dans l’obligation de solliciter les compétences d’un community manager qualifié.

Le profil type du community manager

profil type du community manager

Bien souvent dénigré, le community management peine à se faire valoir comme métier. Considérée comme une activité ne nécessitant pas de grandes capacités intellectuelles, les tâches qui se cachent derrière démantèlent largement ces préjugés qui persistent. Pour répondre à l’enjeu de taille qu’est l’animation des réseaux sociaux, le community management doit perpétuellement s’adapter aux évolutions du digital et de l’actualité. Loin d’être libre, le community manager doit s’assurer de préserver le ton de la marque pour laquelle il travaille.

Son rôle : donner vie aux réseaux sociaux, créer de l’interaction avec les fans, apporter une touche dynamique aux publications. Une des qualités indispensables du CM est la disponibilité, puisqu’il est souvent amené à travailler également en rentrant chez lui. Le CM est un réel instigateur. Il joue aussi le rôle de journaliste en restant à l’affut des dernières nouvelles en traitant les sujets avec un regard neutre. Il doit apprendre à modérer ses propos pour ne pas heurter les utilisateurs. Être polyvalent et multitâche est aussi requis, la curiosité doit sans cesse le motiver.

Infographie : généralités du community management

Comment acquérir ces compétences ?

Les recruteurs s’avèrent de plus en plus exigeants en termes de bagages. Ils privilégient davantage le niveau bac +3 à bac +5. Ainsi les diplômes d’école de communication, de marketing, de relations publiques ou de journalisme sont les bienvenues. Une spécialisation en communication online est une valeur ajoutée qui pourrait faire la différence sur un CV. Au cœur de ses formations :

–       Approfondissement de la culture web et des tendances digitales

–       Maîtrise des outils de référencement

–       Développement des connaissances sur les outils de webmarketing

–       Mise en situation pour améliorer les capacités d’adaptation pour répondre aux mieux aux besoins des entreprises

–       Création de contenus pour développer la créativité

–       Amélioration du rédactionnel, élément clef du métier

–       Savoir bâtir une stratégie d’influence

Nous en déduisons que ces écoles proposent un condensé de matières qui lui permette d’avoir une maîtrise parfaite des réseaux sociaux une fois dans la vie active. Bien que ces études soient accessibles à tous, une enquête sur les Community Manager en France menée par le Blog du Modérateur et Hellowork montre que 66% des Community Manager sont des femmes.

Cette analyse a conclu que le profil type du Community Manager était : une parisienne de 28 ans en CDI. Nous aurions tendance à dire : « Encore des clichés ! ». Cependant si nous réfléchissons en toute logique, la plupart des marques notoires ont leur siège à Paris, et les CM travaillent pour elles. Le jeune âge s’explique par l’usage quotidien que cette génération fait des réseaux sociaux.

Qualités requises et missions

Le CM est l’ambassadeur de la marque, aucun dérapage n’est alors permis, au risque de mettre à mal la réputation de cette dernière. Créer un bad buzz est une hantise permanente chez le CM. C’est pourquoi il est nécessaire qu’il modère ses propos en faisant appel à la subtilité. La diplomatie est d’ailleurs le maître mot de chaque action qu’il entreprend. Bien qu’il soit derrière un écran, masquer par l’anonymat, le sens du contact est un atout de taille. Il doit veiller à ne jamais répondre de manière virulente aux internautes, et prêter attention au vocabulaire qu’il emploie. La pertinence et la créativité sont le moteur de chaque publication, il doit être à l’écoute de sa communauté et faire des propositions attrayantes. Évidemment sont à proscrire les fautes d’orthographe susceptibles de rabaisser l’entreprise pour manque de sérieux.

Ses missions ?

Elles sont multiples et diverses, contrairement à l’image de profession passive, le Community Manager ne connaît que rarement l’ennui. Parmi elles nous pouvons mentionner les plus fréquentes :

  • Animer les communautés
  • Gérer l’e-reputation
  • Rédiger des contenus éditoriaux
  • Établir des relations avec les influenceurs
  • Assurer la relation client
  • Répondre aux questions des internautes
  • Définir une stratégie Social Media

Le CM a aussi pour rôle de générer du trafic sur les pages qu’il alimente, à cet effet plusieurs options sont possibles : réagir de façon méthodique aux commentaires médisants  ou aux compliments. Une valeur ajoutée qui traduit l’intérêt que porte la marque à ses consommateurs. Un but précis : faire adhérer les internautes à l’esprit de la marque.

Un métier qui s’essouffle déjà

Maintenant, sur les réseaux sociaux, les contenus se confondent et se ressemblent. Une même envie se généralise pour le CM : celle de faire le buzz et marquer les esprits. De ce constat, nous notons que les informations transmises ne sont pas de qualité et perdent leur sens. Cependant s’ajoute à ce phénomène un élément perturbateur : l’intelligence artificielle. En effet ses performances dépassent celles de l’être humain et s’attèleront à automatiser les fonctions principales du community management. Cette profession est-elle née aussi rapidement qu’elle disparaîtra ? Affaire à suivre…

Ma vision du métier sous forme de Sketchnote :

Sur le même thème : 

http://metanumerik.fr/community-manager-le-geek-des-organisations/
http://metanumerik.fr/community-manager-le-heros-des-reseaux/
http://metanumerik.fr/community-manager-le-renouveau-de-la-communication/