Le Métier de monteur …

Son environnement

L’activité précise du monteur est le montage d’élément audio et vidéo. Ses tâches sont principalement le dérushage, l’assemblage, ajouter des effets, des couleurs, des audios (musique, bruitage), etc.

Le monteur travaille dans le milieu de la communication audiovisuelle, la production de film institutionnel, de publicité, de reportage, de clip musical, de long métrage, et dans les agences événementielles. Et son activité est la plupart du temps attaché au Service communication ou/et service créatif et de production. Les monteurs dans le cadre de leurs travail sont en relation avec les bruiteurs (sound designer), les compositeurs, le réalisateur et le cadreur.

Pour devenir monteur, plusieurs possibilités sont envisageables, le Bts audiovisuelle, l’école de cinéma, les école privé (FEMIS, louis lumière) et les formation

courtes (Stagiaire, intermittent, cdd, cdi).

Ses capacités

Les connaissances les plus basiques que doit maitriser le monteur sont les caractéristiques d’une

vidéo, les règles d’écriture, le vocabulaire, savoir raconter différentes histoires à partir des rushs et bien sur être apte à utiliser les logiciels.

Ses qualités principales sont, la Patience, La créativité, La modestie, La concentration, La détermination, une bonne capacité d’écoute et être intransigeant.

L’entretien

Nous avons interrogés des monteurs professionnels, Coline Luz, exerce à TimeProd Belfort, depuis août 2017. Et Baptiste Bernaert, exerçant à l’Office de tourisme d’Arêches Beaufort depuis 2011.

En étant monteur nous travaillons directement avec le réalisateur. Certains aiment aller sur le tournage afin d’avoir une première approche sur le travail à venir. Personnellement, je préfère découvrir les rushs une fois le tournage fini. Ça me permet de mettre sur ma table de montage seulement les plans utiles à la compréhension de l’histoire raconté. En effet, je ne vais pas mettre un plan inutile s’il a fallu deux jours à l’équipe de le tourner correctement.

Quel a été votre parcours pour devenir monteur ?

B.B-  Alors j’ai d’abord fait un BTS audiovisuel puis j’ai pu me perfectionner en tant que monteur avec des formations.

Quel salaire ?

C.L-  Environ 2000 euros.

Avez-vous une journée type ?

B.B-  Je ne suis pas seulement monteur, je réalise également les vidéos. Je dois donc gérer le temps que je passe à la réalisation des vidéos ainsi que le temps que je mettrai pour faire le montage. En général, le matin je tourne et l’après-midi je monte. Il m’arrive parfois de passer tout une journée en montage ou toute une journée en tournage.

Quelles sont les possibilités d’évolution ?

B.B-  A l’office de tourisme, je n’ai pas vraiment la possibilité d’évoluer dans ce domaine. Cependant plusieurs formations me permettent d’étendre mes qualifications.

Quel logiciel utilisez-vous ?

B.B-   J’utilise Première Pro et Finalcut pour mes montages.

Avec quel matériel est-on en contact dans votre métier ?

B.B-  Mes vidéos portent généralement sur un thème sportif et en rapport avec la montagne. J’utilise donc des caméras sportives et des caméras compacts que je peux transporter facilement.

Quel rapport entre vous et les autres membres de l’Entreprise ?

C.L-  Je suis plutôt touche à tout donc beaucoup de collègues viennent me demander de l’aide.

Comment gérez-vous le timing de rendu de projet (deadline) ?

B.B-  Je le gère plutôt mal, j’ai beaucoup de projets qui s’accumulent et je dois être présent sur plein d’événements qui arrivent tous en même temps. J’essaye de tout faire dans les temps mais c’est souvent compliqué.

C.L-  Dans l’idéal, il faut tenir à jour un cahier avec les dates d’envoi des premières versions du film et s’y tenir.

Quels points positifs/négatifs dans votre métier ?

C.L-   C’est un métier très avantageux si on cherche de la diversité car on travaille sur beaucoup de projets, cependant, cela prend beaucoup de temps. Cependant le point négatif est de rester enfermé dans une salle noire toute la journée, pour un seul projet. Il faut ainsi faire des pauses et en dehors des heures de travails il faut trouver un passe-temps et faire du sport pour entretenir notre corps.

Y a-t’il beaucoup d’opportunités d’embauche dans votre métier ?

C.L-   Je pense que le poste de monteur en lui-même peut être compliqué à trouver. Mais si c’est une tâche qui s’ajoute à d’autres cela sera plus facile de trouver un job. Par exemple dans des entreprises qui ont une forte communication sur les réseaux sociaux et qui réalisent beaucoup de vidéos. Cependant on évolue surtout grâce au bouche à oreille. Un petit projet très bien réalisé amènera la possibilité d’en faire un plus gros etc.

Les citations des professionnels

C.L-   ”Pour être monteur il faut être dur et méchant avec soi-même.”
B.B-  “Le montage est la 3eme écriture d’un film”

L’histoire du montage :

Le montage à une dimension réellement esthétique qui repose sur l’enchaînement plan, pour rendre l’œuvre fluide. En 1920,  le cinéma russe contribuera à la théorie du montage avec l’effet Koulechov ce qui donnera naissance au Trucage.

L’effet Koulechov

C’est un effet qui désigne la force d’une image qui influera sur le sens des autres images qui l’entourent dans un film. Les images prendront sens que les unes par rapport aux autres. Le spectateur sera donc amené directement à interpréter le sens de toutes les images dans leurs successions et non une par une. C’est cet effet qui sera la base de « la narration cinématographique ».

Lev Koulechov développe une expérience scientifique qui consiste à filmer un gros plan de l’acteur russe Mosjoukine avec un visage inexpressif. Il film alors trois tirages de ce plan auquel il intercale trois images différentes.
Dans le premier montage, il insère un gros plan d’une assiette de soupe puis place le plan de l’acteur.
Dans le second montage, un cadavre dans un cercueil puis il place le plan de l’acteur.
Et Enfin, il insère un plan d’une femme allongée sur un canapé et place le plan de l’acteur.

Les spectateurs sont interrogés après chacune de ces séquences et doivent répondre à la question : caractériser le sentiment exprimé par l’acteur.
Dans le premier cas, les spectateurs répondent qu’ils perçoivent la faim, dans le second, la tristesse et dans le dernier le désir.

Lev Koulechov confirme alors que le cerveau fait bien un lien direct entre les différentes images et qu’il ne les traites pas une par une.