Peinture de La toile du monde, nouveau roman d’Antonin Varenneprésenté au festival littéraire Livres dans la boucle 2018 de Besançon (25).

Antonin Varenne

Portrait d’Antonin Varenne

Un aventurier dans l’âme

L’écrivain est né en 1973 à Paris. Il n’y restera que quelques mois avant d’être embarqué par ses parents sur un voilier. Ce sont ces derniers qui lui donneront le goût du voyage et de l’aventure. 

A vingt ans, il remet le pied à terre pour poursuivre des études à Nanterre et obtient une maîtrise de philosophie (Machiavel et l’illusion politique).  Après avoir quitté l’Université, il devient alpiniste du bâtiment aux Etats-Unis, vit à Toulouse, travaille en Islande, au Mexique…

En 2005, au pied des montagnes Appalaches, il décide d’écrire une première histoire. Revenu en France accompagné d’une femme américaine, d’un enfant bilingue et d’un chien mexicain, il s’installe dans la Creuse.

Artiste couronné (Grand Prix Sang d’encre, Prix Michel Lebrun, prix Quais du Polar, prix du polar francophone et prix Amila Meckert), il écrit son premier roman, Le Fruit de vos entrailles, en 2006. Depuis, l’auteur a parcouru beaucoup de chemin, y compris dans le milieu littéraire, qui le considère aujourd’hui comme le « petit frère de Fred Vargas ».

Un artiste inspiré

Antonin Varenne est un aventurier et entre deux voyages, il écrit des romans. Rencontre avec un auteur qui a vécu aux quatre coins de la France et du monde.

Racontez-nous les débuts de votre vie d’écrivain.

Je crois que je voulais tenter l’expérience. Ça n’était pas une vieille obsession, je n’avais pas de carnets dans mes tiroirs. La toute première histoire que j’ai écrite, je m’y suis mis parce que j’avais la main dans le plâtre et que je ne pouvais pas travailler (je bossais sur le démontage de l’usine AZF à Toulouse). L’inactivité physique me pousse à écrire. Cette histoire n’a pas été publiée, je l’avais faite lire à quelques personnes et les réactions avaient été bonnes. Je me suis dit que ça vaudrait peut-être le coup de le faire plus sérieusement. J’ai travaillé deux ans, en Islande et au Mexique, mis de l’argent de côté pour avoir le temps.

À ce moment-là, je me suis installé aux États-Unis. Finalement il m’a fallu six mois pour écrire Le Fruit de vos entrailles, que j’ai envoyé par email à des éditeurs en France. Les éditions Toute Latitude, une jeune boîte qui se lançait et voulait faire du polar français, a accepté le texte au bout de trois semaines… Le livre a été sélectionné au Festival de Cognac 2007 et sans trop comprendre ce que cela signifiait, je suis devenu auteur.

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Je ne veux pas que mes romans deviennent autobiographiques car pour moi, la vie privée reste privée et mes voyages en font partie. Ils n’ont pas de rapport direct avec ce que j’écris même s’il m’arrive parfois de placer quelques références à des lieux et d’en tirer quelques détails comme les paysages, les couleurs et les odeurs…

L’actualité? Elle ne m’inspire pas.  D’ailleurs, je ne regarde pas la télé non plus et je n’écoute pas la radio. Pourquoi? Parce que ce sont les émotions humaines qui m’intéressent et m’inspirent. Par exemple, mon dernier livre parle d’une journaliste américaine au XIXème siècle qui part sur les traces de ses ancêtres et explore Paris sous un autre jour.

À part les voyages, quels sont vos loisirs ?

Je fais énormément de moto et je l’utilise comme mon cheval. Elle m’emmène partout et me permet de transporter mes affaires, de m’évader, de voyager…

Pourquoi ce titre ?

La toile du monde, c’est un portrait en miroir. Un portrait qui dessine la toile du monde, de l’Europe à l’Amérique, du XIXe et au XXe siècle, du passé d’Aileen à un destin qu’elle n’imagine pas.

Dans le détail, une part importante du livre se passe dans des ateliers de peintres. Aileen rencontre d’ailleurs un peintre à Paris, Julius Steewart, à qui elle commande un portrait d’elle nue. La réalisation du tableau accompagne toute la durée du livre. Il y aussi les décors de l’expo universelle, et les stands de tous les pays. Et enfin, il y a un personnage, métisse blanc-indien, vivant dans un tipi qui peint son histoire dessus.

Dans un café littéraire donné pendant le festival, l’auteur compare d’ailleurs l’écriture d’un roman à la peinture d’une toile : partir d’un document vierge que l’on remplit de mots comme un peintre et ses pigments de couleurs.

… et qu’on inspire

Pourquoi avoir choisi « Livres dans la boucle » ?

Je n’avais jamais eu l’occasion de visiter Besançon avant. Pour ce festival, j’ai suivi les conseils de mon éditeur, Albin Michel. Apparemment, c’est un salon à faire une fois dans sa vie quand on est auteur.

Photo d'Antonin Varenne

Photo d’Antonin Varenne

L’auteur participe également aux nuits noires à Aubusson (23) qui se déroulent début juin chaque année. Elles réunissent des lycéens pour débattre et élire le meilleur polar de la sélection de l’année en question. Aussi, il fait partie des auteurs encadrant le projet.

Et la suite ?

Quels sont vos projets ?

Je suis déjà en train de travailler sur mon prochain livre, mais le sujet est confidentiel ! Le seul indice que je peux donner est qu’il se déroulera au XXIème siècle. Après trois livres axés sur le XIXème, j’ai envie de changer un peu.

 

Découvrez d’autres auteurs du festival.

Vous pouvez aussi consulter sur le web un portrait résumé d’Antonin Varenne .